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2009년 12월 19일 토요일

Proudhon, contre l'autorité, pour l'autonomie

앞에서 한참동안 전체주의에 대해서 살펴봤는데, 마침 여기에 역행하는 아니키즘적 시각에 대한 기사가 있어서 옮겨온다. 순수한 아나키즘은 아니겠지만 흔히 그렇게 분류되기 쉬운 프루동에 대한 소갯글이다. "소유권이란 무엇인가? 그것은 도둑질이다. 노예제도란, 살인이다."(바로 밑 발췌문의 이탤릭) 라는 극단적 발언으로 유명한 그의 사상에 대한 전문가의 설명을 들어본다 (르몽드 12/18일자 기사 전문).

기사의 제목에서 보듯이 프루동이 가장 증오했던 것은 절대적 지배권(독점적 결정권)을 갖는 국가권한(l'autorité-권위,권력,관권)이고, 그것의 대체를 위한 방안으로 설정한 것이 -맑스의 프롤레타리아 독재와는 다른- 노동자 자치(l'autonomie ouvrière) 라고 한다. 노동자 자치기구를 통한 프루동의 공산주의는 아주 작은 단위체에서나 가능한 유토피아적 발상으로, 부르주아 독재든 프롤레타리아 독재든 지식분자들에 의해 지도되는 국가라는 틀을 부정하고 노동자 개인들의 자율·자유·연대를 강조한다는 측면에서 충분히 친서민적이고 친민중적인 시각으로 존중될 수도 있겠지만, 결국은 일종의 아니키즘과 통할 수밖에 없겠다. 그렇게 프루동의 아나키즘적 입장은, 일견 홉스나 루소 보다는 로크에 더 가까운 것으로, 잘못하다가는 영·미식 자유주의나 국가에 대항하는 개인주의에 빠질 위험(국가란 (자치)공동체의 확장태이지 반대개념이 아니라는 측면에서)도 내포한다 하겠다. (그러나 아래 전문가는 -스스로의 취향에 의거하여- 프루동에 대해 상당히 긍정적인 입장을 취하는 듯이 보인다.)

 

[Extrait] "Si j'avais à répondre à la question suivante : Qu'est-ce que l'esclavage ? et que d'un seul mot je répondisse : C'est l'assassinat, ma pensée serait d'abord comprise. Je n'aurais pas besoin d'un long discours pour montrer que le pouvoir d'ôter à l'homme la pensée, la volonté, la personnalité, est un pouvoir de vie et de mort, et que faire un homme esclave, c'est l'assassiner. Pourquoi donc à cette autre demande : Qu'est-ce que la propriété ? ne puis-je répondre de même : C'est le vol, sans avoir la certitude de n'être pas entendu, bien que cette seconde proposition ne soit que la première transformée ?

J'entreprends de discuter le principe même de notre gouvernement et de nos institutions, la propriété ; je suis dans mon droit : je puis me tromper dans la conclusion qui sortira de mes recherches ; je suis dans mon droit : il me plaît de mettre la dernière pensée de mon livre au commencement ; je suis toujours dans mon droit." ("Qu'est-ce que la propriété ?", chapitre premier, p. 31.)

 

"Il a eu une haine dans sa vie, c'est l'autorité"
LE MONDE DES LIVRES | 17.12.09 | 11h29  •  Mis à jour le 17.12.09 | 11h30

Les livres qui ont changé le monde (12/20) - "Qu'est-ce que la propriété ?", de Proudhon (1840) vu par Jacques Julliard, historien et journaliste

 

Dans "Qu'est-ce que la propriété ?", Proudhon donne sa conclusion - "C'est le vol" - dès les premières pages, avant de l'expliciter. Est-ce que cela a gêné la compréhension de l'oeuvre ?
Assurément. Proudhon est facilement assimilé à sa formule "la propriété, c'est le vol", qui a créé un malentendu. Il avait un sens aigu de la provocation, ce qui colore parfois d'une manière un peu trompeuse son oeuvre. Mais il propose la "possession" plutôt que la propriété. Il doit beaucoup à l'école libérale anglaise, et en particulier à John Locke. Il ne le cite jamais. Pourtant, il partage avec lui l'idée que la propriété garantit les droits de l'homme : la liberté proudhonienne s'exprime à travers l'échange "mutuel"... qui suppose la propriété.

 

Pourquoi alors avoir commencé par le vol ?
Proudhon croit aussi - contrairement à Locke - que la propriété n'est pas une donnée immédiate de la condition humaine. Qu'elle s'acquiert inévitablement, au départ, par le vol, même si ensuite diverses possessions sont légitimes. Il est l'homme des contradictions assumées. Au fur et à mesure de son oeuvre, ou bien à l'intérieur même d'une même oeuvre, il est pour et contre le libre-échange, la fédération, le syndicalisme, etc.

 

Comment l'expliquer ?

Le socialisme du XIXe siècle est tout entier fondé sur l'idée de dialectique. Hegel règne sur sa méthode de pensée. Or Proudhon, à la différence de Marx, est en désaccord avec la dialectique hégélienne à trois temps - thèse, antithèse, synthèse -, qui a pour but d'en finir avec une contradiction. Il pense que la contradiction à deux temps, c'est-à-dire sans fin, est le moteur de l'Histoire et de la pensée. Il réfléchit par étapes successives. C'est la grande dialectique à la française. L'homme qui l'incarne le mieux, c'est Pascal, et après lui Sorel.

Proudhon est assez largement un autodidacte. Il est une des rares personnalités socialistes françaises d'origine ouvrière, sinon la seule. Son intérêt et sa fierté personnelle sont d'avoir réconcilié son rapport immédiat, charnel, à la condition ouvrière, avec une élaboration intellectuelle extrêmement profonde.

 

En quoi son origine influence-t-elle son projet ?

L'année de sa mort, en 1864, il écrit De la capacité politique des classes ouvrières, qui paraît l'année suivante. C'est une réflexion sur le "Manifeste des soixante", écrit par un groupe d'ouvriers dont le plus connu est Henri Tolain, ciseleur parisien, qui a demandé à Proudhon son commentaire. " Le suffrage universel nous a rendus majeurs politiquement mais il nous reste à nous émanciper socialement, dit ce manifeste. La liberté du travail, le crédit, la solidarité, voilà nos rêves. Nous repoussons l'aumône, nous voulons la justice." Aux élections qui vont avoir lieu, Tolain et ses amis proposent des candidatures ouvrières.

 

Qu'en pense Proudhon ?
Que le Manifeste est un grand acte : la classe ouvrière parle en tant que telle, et réclame ses droits, ce qui est complètement nouveau. Et il a raison. Les ouvriers ont essayé de prendre la parole lors des journées de juin 1848, mais ils ont été écrasés. Et là, d'une manière pacifique, modérée, ils font un manifeste de classe, à une époque où on ne connaît pas encore Marx.

Proudhon énumère les conditions pour arriver au pouvoir : une conscience de classe - là, on dirait du Marx ! -, une idée - l'autonomie ouvrière - et sa mise en pratique. Mais il est hostile en principe à l'idée de candidatures ouvrières aux élections, car les élection sont aussi trompeuses que la révolution...

 

Alors que veut-il ?

Il se fait plus ouvrier que les ouvriers. Il propose le "mutualisme" : la capacité des ouvriers à s'organiser par eux-mêmes, par petits groupes, à créer leurs entreprises et les relations entre elles. C'est un socialisme de subsidiarité, très différent d'un socialisme fondé sur l'Etat, des moyens contraignants et la collectivisation, qui, pour Proudhon, débouchent sur la tyrannie, le despotisme et la dépossession des ouvriers par des gens qui parleront en leur nom. C'est d'une lucidité incroyable. Proudhon a eu une haine dans sa vie, ce n'est pas la propriété, c'est l'autorité.

 

En même temps, il prône l'égalité des revenus ?

Oui, mais à condition qu'elle ne soit pas organisée par l'Etat. La grande idée de Proudhon, c'est une banque ouvrière qui prêterait un capital de départ pour créer des entreprises. C'est exactement ce que Muhammad Yunus, le Prix Nobel de la paix 2006, appelle le microcrédit. Avec une différence : sans intérêt, car la seule chose qui produit de la valeur, c'est le travail. C'est là que Proudhon est plein d'illusions, utopiste.

 

Où situez-vous les origines de cette utopie ?

Il y a une sorte d'anarcho-socialisme du Jura. Dans la IIe Internationale, c'est la fédération jurassienne qui défend Bakounine contre Marx. Proudhon mais aussi Fourier sont de Besançon. Je viens aussi du Jura ! Dans le socialisme montagneux - pas montagnard -, il y a quelque chose de profondément individualiste, que vous retrouvez dans les "fruitières paysannes" : on s'unit autour d'une fromagerie, par exemple, pour exploiter en commun le lait qu'on produit. Le but n'est pas de socialiser mais de protéger l'individu, de lui permettre de subsister.

 

Comment résumeriez-vous cet esprit ?

Fernand Pelloutier, fondateur des Bourses du travail à la fin du XIXe siècle, qui a lu Proudhon, a écrit une très belle formule : le but, c'est de fonder "une société d'hommes fiers et libres". La société proudhonienne ne produit pas des fourmis, des clones. Elle exalte l'individu.

 

En quoi Proudhon est-il considéré comme le père des anarchistes, selon vous ?

Il n'aimait pas le débraillé anarchiste. Il disait : "Je suis un révolutionnaire, je ne suis pas un bousculeur." Mais il a l'idée très féconde d'abolir l'idée de souveraineté, non seulement dans les institutions, mais dans le coeur de l'homme. Pour lui, le pouvoir d'un homme sur un autre est absolument attentatoire à la dignité humaine.

 

Proudhon critique "l'Etat serviteur", embryon d'Etat-providence. Pourquoi ?

Il est tellement emporté par sa crainte de voir l'Etat reconstituer une souveraineté nouvelle, qu'il voit quelque chose d'oppressif dans toutes les formes d'intervention, au point de critiquer l'enseignement gratuit et obligatoire !

Mais on l'a souvent écrasé sous ses bêtises, alors qu'on aurait pu faire la même chose pour Nietzsche par exemple. Ils ont notamment la même vision négative des femmes, qui n'est reprochée qu'au seul Proudhon, à cause de sa formule : "La femme, ménagère ou courtisane". Je crois qu'il n'y a rien de plus contraire à l'esprit historique que de projeter sur des hommes comme Proudhon, Marx ou Nietzsche des progrès que nous avons faits depuis... Ils sont aussi tributaires de l'étroitesse de vue de leur temps.

 

Il y a également des écrits antisémites.

C'est vrai, et je ne les défends pas. Au XIXe siècle, on ne peut pas le nier, la gauche républicaine et sociale a été souvent antisémite. Il y a eu peu d'exceptions. La principale, c'est Péguy.

 

Quel bilan faites-vous des ambiguïtés de Proudhon ?

Il prête plus que d'autres le flanc à des utilisations perverses. C'est le propre de son style, et de sa pensée exposée, au bord du gouffre. Il serait temps qu'on se saisisse de ce qu'il y a de meilleur dans le proudhonnisme : une vision de la société faite à la fois d'autonomisme et d'exigence spirituelle.

 

Jacques Julliard est historien et journaliste(*).
Propos recueillis par Adrien de Tricornot. Article paru dans l'édition du 18.12.09
http://www.lemonde.fr/livres/article/2009/12/17/jacques-julliard-il-a-eu-une-haine-dans-sa-vie-c-est-l-autorite_1281811_3260.html

(*)

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Une pensée longtemps supplantée par le marxisme
LE MONDE DES LIVRES | 17.12.09 | 11h30  

En 1839, l'Académie de Besançon met au concours un austère sujet sur les "conséquences économiques et morales" du partage égal des héritages entre enfants. L'année précédente, elle avait élu comme titulaire de la "pension Suard" un jeune homme pauvre : Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865). Récent bachelier, à 29 ans, mais pétri d'une grande culture autodidacte, il répond à la question par son mémoire "Qu'est-ce que la propriété ?", provoquant la fureur de la vénérable Académie. Il débute ainsi une oeuvre foisonnante, claire-obscure, riche en paradoxes, souvent récupérée mais inclassable.

S'il dialogue quelques années plus tard avec Marx, la rupture est rapidement consommée. Proudhon conçoit la classe ouvrière comme une force autonomiste et estime que le prolétariat n'a pas besoin d'intellectuels extérieurs ou de technocrates pour gouverner à sa place.

Mais sa pensée "a été rejetée dans l'ombre par l'emprise du marxisme qui a triomphé intellectuellement et pratiquement après la deuxième guerre mondiale", notait Hervé Toboul, de l'université de Franche-Comté, en préambule d'un colloque organisé en octobre à Besançon, "Le siècle de Proudhon : hier et aujourd'hui".

La pensée de Proudhon, rappelle M. Toboul, faisait pourtant référence, en France, au XIXe siècle : "Au moment de la Commune de Paris, le représentant le plus connu et le théoricien le plus lu des idées socialistes était Proudhon. A la fois philosophe, économiste, journaliste et homme politique, Proudhon était l'une des figures les plus célèbres de la révolution de 1848", avant de s'opposer à Napoléon III.

Aujourd'hui, sans nier les zones d'ombre et les contradictions de Proudhon, ses zélateurs jugent la crise actuelle propice au retour de sa pensée, en insistant sur son exigence de justice, sa critique de la spéculation, sa recherche de formes économiques mutualistes ou sa réflexion sur la citoyenneté.

Adrien de Tricornot. Article paru dans l'édition du 18.12.09
http://www.lemonde.fr/livres/article/2009/12/17/une-pensee-longtemps-supplantee-par-le-marxisme_1281812_3260.html#ens_id=1247715

Proudhon(1809~65) & Marx(1818~83) [편지읽기]

1840, Proudhon, Qu'est-ce que la propriété ? Ou recherches sur le principe du droit et du gouvernement.

          http://classiques.uqac.ca/classiques/Proudhon/la_propriete/la_propriete.html
1846, Proudhon, Systeme des contradictions economiques, ou philosophie de la misere.

          http://classiques.uqac.ca/classiques/Proudhon/systeme_contr_eco/systeme_contr_eco.html

1846 (5 mai), Marx-Engels,  à Proudhon, Proposition de collaboration (proposition n'aboutira pas)[*1]
1847, Marx, Misère de la philosophie.

          http://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/06/km18470615.htm [*2]

1862, Proudhon, Théorie de la propriété (ouvrage publié originalement par A. Lacroix, Verboeckhover et Cie., 1866)

        http://classiques.uqac.ca/classiques/Proudhon/theorie_de_la_propriete/theorie_de_la_propriete.html

1865 (24 janvier), Marx à J.-B. Schweitzer, Sur Proudhon [*3]
1866 (09 octobre), Marx à L. Kugelmann, Sur Proudhon et les utopistes [*4]

 


1/4. Marx-Engels, lettre à Proudhon, Bruxelles, 5 mai 1846 [친절한 첫 편지]

 

Mon cher Proudhon,

Je m'étais proposé bien souvent de vous écrire, depuis que j'ai quitté Paris ; des circonstances indépendantes de ma volonté m'en ont empêché jusqu'à présent. Je vous prie de croire qu'un surcroît de besogne, les embarras d'un changement de domicile, etc. ... sont les seuls motifs de mon, silence.

Et maintenant surtout sautons in medias res. Conjointement avec deux de mes amis, Frédéric Engels et Philippe Gigot   (tous deux à Bruxelles)    j'ai organisé avec les communistes et socialistes allemands une correspondance suivie, qui devra s'occuper et de la discussion de questions scientifiques, et de la surveillance à exercer sur les écrits populaires, et de la propagande socialiste qu'on peut faire en Allemagne par ce moyen. Le but principal de notre correspondance sera pourtant celui de mettre les socialistes allemands en rapport avec les socialistes français et anglais ; de tenir les étrangers au courant des mouvements socialistes qui se seront opérés en Allemagne et d’informer les Allemands en Allemagne des progrès du socialisme en France et en Angleterre. De cette manière, les différences d'opinion pourront se faire jour ; on arrivera à un échange d'idées et à une critique impartiale. C'est là un pas, que le mouvement social aura fait dans son expression littéraire, afin de se débarrasser des limites de la nationalité. Et au moment de l'action, il est certainement d'un grand intérêt pour chacun d'être instruit de l'état des affaires à l'étranger aussi bien que chez lui.

Outre les communistes en Allemagne notre correspondance comprendra aussi les socialistes allemands à Paris et à Londres. Nos rapports avec l'Angleterre sont déjà établis : quant à la France, nous croyons tous que nous ne pouvons y trouver un meilleur correspondant que vous : vous savez que les Anglais et les Allemands nous ont jusqu'à présent mieux appréciés que vos propres compatriotes.

Vous voyez donc qu'il ne s'agit que de créer une correspondance régulière, et de lui assurer les moyens de poursuivre le mouvement social dans les diffé­rents pays, d'arriver à un intérêt riche et varié comme le travail d'un seul ne pourra jamais le réaliser.

Si vous voulez accéder à notre proposition, les frais de port des lettres qui vous seront envoyées comme de celles que vous nous enverrez seront suppor­tés ici, les collectes faites en Allemagne étant destinées à couvrir les frais de la correspondance.

L'adresse à laquelle vous écrirez ici, est celle de M. Philippe Gigot, 8, rue Bodendrock. C'est lui qui aura également la signature des lettres de Bruxelles.

Je n'ai pas besoin d'ajouter que, toute cette correspondance exige de votre part le secret le plus absolu ; en Allemagne nos amis doivent agir avec la plus grande circonspection pour éviter de se compromettre.

Répondez-nous bientôt et croyez à l'amitié bien sincère de

Votre tout dévoué,
Charles Marx.

 

Bruxelles, 5 mai 1846.

P. S.   Je vous dénonce ici M. Grün, à Paris. Cet homme n'est qu'un cheva­lier d'industrie littéraire, un espèce de charlatan qui voudrait faire le commerce d'idées modernes. Il tâche de cacher son ignorance sous des phrases pom­peuses et arrogantes, mais il n'est parvenu qu'à se rendre ridicule par son galimatias. De plus, cet homme est dangereux. Il abuse de la connaissance qu'il a établie avec des auteurs de renom, grâce à son impertinence, pour s'en faire un piédestal et les compromettre vis-à-vis du public allemand. Dans son livre sur les socialistes français, il ose s'appeler le professeur (Privatdocent, dignité académique en Allemagne) de Proudhon, prétend lui avoir dévoilé les axiomes importants de la science allemande, et blague sur ses écrits. Gardez-vous donc de ce parasite. Peut-être vous reparlerai-je plus tard de cet individu.

Je profite avec plaisir de l'occasion qui m'est offerte pour vous assurer combien il m'est agréable d'entrer en relation avec un homme aussi distingué que vous. En attendant, permettez-moi de vous dire
Votre tout dévoué,
Philippe Gigot.

 

Quant à moi, je ne peux qu'espérer que vous, monsieur Proudhon, approu­verez le projet que nous venons de vous proposer, et que vous aurez la complaisance de ne pas nous refuser votre coopération. En vous assurant du profond respect que vos écrits m'ont inspiré pour vous, je suis
Votre tout dévoué,
Frédéric Engels .

 

 

2/4) K. Marx, 1847, Misère de la philosophie [목차]

Une polémique acérée contre les conceptions du socialisme utopique et l'un des ouvrages fondateurs du marxisme. (Publication en collaboration avec la bibliothèque de sciences sociales de l'Université de Québec.)

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3/4) Marx, lettre à J.-B. Schweitzer, Londres, le 24 janvier 1865 [프루동이 죽고 얼마 후]
Une lettre au lassalien J.-B. Schweitzer où Marx explicite son opinion et ses rapports avec Proudhon. Première publication dans le Social-Demokrat, n° 6, 17 et 18. (1, 3 et 5 février 1865).

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4/4) K. Marx, lettre à L. Kugelmann, 9 octobre 1866 (1, Modena Villas, Maitland Park, Haverstock Hill London). Sur Proudhon et les utopistes

 

Cher ami,

J'espère que je ne dois pas conclure de votre long silence que ma dernière lettre vous a froissé de quelque façon. Il en va tout autrement. Tout homme dans une position désespérée éprouve parfois le besoin de se donner de l'air, mais il ne le fait qu'avec des personnes auxquelles il accorde une confiance tout à fait exceptionnelle. Je vous assure que mes affaires civiles me causent beaucoup plus de tourment, car, plus que toutes autres raisons personnelles ou de famille, elles m'empêchent de terminer mon travail. Je pourrai dès demain mettre fin à cette situation, si je voulais prendre une occupation pratique au lieu de travailler pour la cause. J'espère que vous n'éprouverez donc pas de gêne à ne pouvoir remédier à mes embarras ; cela serait tout à fait sans fondement.

Maintenant, quelques questions générales.

J'avais de fortes craintes sur le premier congrès de Genève, mais il a en somme mieux réussi que je ne m'y attendais. Son effet en France, en Angleterre et en Amérique a été inespéré. Je ne pouvais ni ne voulais m'y rendre, mais j'ai rédigé le programme des délégués de Londres. Je l'ai limité, a dessein, aux points qui permettent un accord immédiat et une action concertée immédiate des travailleurs, qui répondent d'une façon directe aux besoins de la lutte des classes et à l'organisation des travailleurs en classe et les stimulent.

 

Messieurs les Parisiens avaient la tête pleine des phrases les plus vides de Proudhon ; ils bavardent sur la science et ne savent rien ; ils dédaignent toute action révolutionnaire, id est qui jaillit de la lutte des classes elle-même, tout mouvement concentré social, c'est-à-dire réalisable également par des moyens politiques (comme, par exemple, la diminution légale de la journée de travail) ; et cela, sous prétexte de liberté, d'anti-gouvernementarisme ou d'individualisme antiautoritaire. Ces messieurs qui, depuis seize ans, endurent et ont enduré avec tant de tranquillité le despotisme le plus misérable, prônent en fait une vulgaire économie bourgeoise, se contentant de l'idéaliser à la Proudhon ! Proudhon a fait un mal énorme. Son semblant de critique et son semblant d'opposition aux utopistes (il n'est lui-même qu'un utopiste petit-bourgeois, tandis que dans les utopies d'un Fourier, d'un Owen, etc., on trouve le pressentiment et l'expression fantastique d'un monde nouveau), ont d'abord séduit et corrompu la "jeunesse brillante", les étudiants, puis les ouvriers, surtout les Parisiens, qui, en qualité d'ouvriers de luxe, restent sans le savoir fortement attachés à toutes les vieilleries. Ignorants, vaniteux, arrogants, bavards, emphatiques, enflés, ils étaient sur le point de tout gâter, car ils étaient au congrès en un nombre qui ne correspond nullement à celui de leurs adhérents. Dans le rapport, je leur donnerai sur les doigts en sous main.

 

Le congrès ouvrier américain, qui se tenait à la même époque, m'a causé beaucoup de joie : ici le mot d'ordre était l'organisation de la lutte contre le Capital et, chose remarquable, la plupart des revendications que j'avais rédigées pour Genève, ont été également posées là-bas, par le sûr instinct des travailleurs.

Le mouvement de réforme que notre Conseil général (quorum magna pars [où j´ai pris une grande part, N. de la réd.]) a appelé à la vie, a pris maintenant des dimensions immenses et irrésistibles. Je me suis toujours tenu dans la coulisse et je ne m'occupe plus de l'affaire, depuis qu'elle suit son train.

 

Votre K. Marx

 

A propos. Le Workman est un organe bourgeois et n'a rien de commun avec nous. Le Commonwealth appartient aux nôtres, mais pour le moment (pour des raisons moitié financières, moitié politiques), on le transformera en un pur organe de réformes.

J'ai lu, il y a peu de temps, du Dr. F. Moilin : Leçons de médecine physiologique, qui parut en 1865 à Paris. Il contient beaucoup de fantaisie et trop de "constructions". Mais aussi beaucoup de critiques contre l'ancienne thérapeutique. Je voudrais que vous lisiez cet ouvrage et que vous me communiquiez votre avis en détail. Je vous recommande aussi Trémaux De l'origine de tous les êtres... Bien qu'écrit dans un style débraillé, plein d'erreurs géologiques, et bien pauvre en critique historique littéraire — with all that and all that — il constitue un progrès sur Darwin.