2009년 12월 19일 토요일

Proudhon(1809~65) & Marx(1818~83) [편지읽기]

1840, Proudhon, Qu'est-ce que la propriété ? Ou recherches sur le principe du droit et du gouvernement.

          http://classiques.uqac.ca/classiques/Proudhon/la_propriete/la_propriete.html
1846, Proudhon, Systeme des contradictions economiques, ou philosophie de la misere.

          http://classiques.uqac.ca/classiques/Proudhon/systeme_contr_eco/systeme_contr_eco.html

1846 (5 mai), Marx-Engels,  à Proudhon, Proposition de collaboration (proposition n'aboutira pas)[*1]
1847, Marx, Misère de la philosophie.

          http://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/06/km18470615.htm [*2]

1862, Proudhon, Théorie de la propriété (ouvrage publié originalement par A. Lacroix, Verboeckhover et Cie., 1866)

        http://classiques.uqac.ca/classiques/Proudhon/theorie_de_la_propriete/theorie_de_la_propriete.html

1865 (24 janvier), Marx à J.-B. Schweitzer, Sur Proudhon [*3]
1866 (09 octobre), Marx à L. Kugelmann, Sur Proudhon et les utopistes [*4]

 


1/4. Marx-Engels, lettre à Proudhon, Bruxelles, 5 mai 1846 [친절한 첫 편지]

 

Mon cher Proudhon,

Je m'étais proposé bien souvent de vous écrire, depuis que j'ai quitté Paris ; des circonstances indépendantes de ma volonté m'en ont empêché jusqu'à présent. Je vous prie de croire qu'un surcroît de besogne, les embarras d'un changement de domicile, etc. ... sont les seuls motifs de mon, silence.

Et maintenant surtout sautons in medias res. Conjointement avec deux de mes amis, Frédéric Engels et Philippe Gigot   (tous deux à Bruxelles)    j'ai organisé avec les communistes et socialistes allemands une correspondance suivie, qui devra s'occuper et de la discussion de questions scientifiques, et de la surveillance à exercer sur les écrits populaires, et de la propagande socialiste qu'on peut faire en Allemagne par ce moyen. Le but principal de notre correspondance sera pourtant celui de mettre les socialistes allemands en rapport avec les socialistes français et anglais ; de tenir les étrangers au courant des mouvements socialistes qui se seront opérés en Allemagne et d’informer les Allemands en Allemagne des progrès du socialisme en France et en Angleterre. De cette manière, les différences d'opinion pourront se faire jour ; on arrivera à un échange d'idées et à une critique impartiale. C'est là un pas, que le mouvement social aura fait dans son expression littéraire, afin de se débarrasser des limites de la nationalité. Et au moment de l'action, il est certainement d'un grand intérêt pour chacun d'être instruit de l'état des affaires à l'étranger aussi bien que chez lui.

Outre les communistes en Allemagne notre correspondance comprendra aussi les socialistes allemands à Paris et à Londres. Nos rapports avec l'Angleterre sont déjà établis : quant à la France, nous croyons tous que nous ne pouvons y trouver un meilleur correspondant que vous : vous savez que les Anglais et les Allemands nous ont jusqu'à présent mieux appréciés que vos propres compatriotes.

Vous voyez donc qu'il ne s'agit que de créer une correspondance régulière, et de lui assurer les moyens de poursuivre le mouvement social dans les diffé­rents pays, d'arriver à un intérêt riche et varié comme le travail d'un seul ne pourra jamais le réaliser.

Si vous voulez accéder à notre proposition, les frais de port des lettres qui vous seront envoyées comme de celles que vous nous enverrez seront suppor­tés ici, les collectes faites en Allemagne étant destinées à couvrir les frais de la correspondance.

L'adresse à laquelle vous écrirez ici, est celle de M. Philippe Gigot, 8, rue Bodendrock. C'est lui qui aura également la signature des lettres de Bruxelles.

Je n'ai pas besoin d'ajouter que, toute cette correspondance exige de votre part le secret le plus absolu ; en Allemagne nos amis doivent agir avec la plus grande circonspection pour éviter de se compromettre.

Répondez-nous bientôt et croyez à l'amitié bien sincère de

Votre tout dévoué,
Charles Marx.

 

Bruxelles, 5 mai 1846.

P. S.   Je vous dénonce ici M. Grün, à Paris. Cet homme n'est qu'un cheva­lier d'industrie littéraire, un espèce de charlatan qui voudrait faire le commerce d'idées modernes. Il tâche de cacher son ignorance sous des phrases pom­peuses et arrogantes, mais il n'est parvenu qu'à se rendre ridicule par son galimatias. De plus, cet homme est dangereux. Il abuse de la connaissance qu'il a établie avec des auteurs de renom, grâce à son impertinence, pour s'en faire un piédestal et les compromettre vis-à-vis du public allemand. Dans son livre sur les socialistes français, il ose s'appeler le professeur (Privatdocent, dignité académique en Allemagne) de Proudhon, prétend lui avoir dévoilé les axiomes importants de la science allemande, et blague sur ses écrits. Gardez-vous donc de ce parasite. Peut-être vous reparlerai-je plus tard de cet individu.

Je profite avec plaisir de l'occasion qui m'est offerte pour vous assurer combien il m'est agréable d'entrer en relation avec un homme aussi distingué que vous. En attendant, permettez-moi de vous dire
Votre tout dévoué,
Philippe Gigot.

 

Quant à moi, je ne peux qu'espérer que vous, monsieur Proudhon, approu­verez le projet que nous venons de vous proposer, et que vous aurez la complaisance de ne pas nous refuser votre coopération. En vous assurant du profond respect que vos écrits m'ont inspiré pour vous, je suis
Votre tout dévoué,
Frédéric Engels .

 

 

2/4) K. Marx, 1847, Misère de la philosophie [목차]

Une polémique acérée contre les conceptions du socialisme utopique et l'un des ouvrages fondateurs du marxisme. (Publication en collaboration avec la bibliothèque de sciences sociales de l'Université de Québec.)

펼쳐두기..

 

3/4) Marx, lettre à J.-B. Schweitzer, Londres, le 24 janvier 1865 [프루동이 죽고 얼마 후]
Une lettre au lassalien J.-B. Schweitzer où Marx explicite son opinion et ses rapports avec Proudhon. Première publication dans le Social-Demokrat, n° 6, 17 et 18. (1, 3 et 5 février 1865).

펼쳐두기..


 

4/4) K. Marx, lettre à L. Kugelmann, 9 octobre 1866 (1, Modena Villas, Maitland Park, Haverstock Hill London). Sur Proudhon et les utopistes

 

Cher ami,

J'espère que je ne dois pas conclure de votre long silence que ma dernière lettre vous a froissé de quelque façon. Il en va tout autrement. Tout homme dans une position désespérée éprouve parfois le besoin de se donner de l'air, mais il ne le fait qu'avec des personnes auxquelles il accorde une confiance tout à fait exceptionnelle. Je vous assure que mes affaires civiles me causent beaucoup plus de tourment, car, plus que toutes autres raisons personnelles ou de famille, elles m'empêchent de terminer mon travail. Je pourrai dès demain mettre fin à cette situation, si je voulais prendre une occupation pratique au lieu de travailler pour la cause. J'espère que vous n'éprouverez donc pas de gêne à ne pouvoir remédier à mes embarras ; cela serait tout à fait sans fondement.

Maintenant, quelques questions générales.

J'avais de fortes craintes sur le premier congrès de Genève, mais il a en somme mieux réussi que je ne m'y attendais. Son effet en France, en Angleterre et en Amérique a été inespéré. Je ne pouvais ni ne voulais m'y rendre, mais j'ai rédigé le programme des délégués de Londres. Je l'ai limité, a dessein, aux points qui permettent un accord immédiat et une action concertée immédiate des travailleurs, qui répondent d'une façon directe aux besoins de la lutte des classes et à l'organisation des travailleurs en classe et les stimulent.

 

Messieurs les Parisiens avaient la tête pleine des phrases les plus vides de Proudhon ; ils bavardent sur la science et ne savent rien ; ils dédaignent toute action révolutionnaire, id est qui jaillit de la lutte des classes elle-même, tout mouvement concentré social, c'est-à-dire réalisable également par des moyens politiques (comme, par exemple, la diminution légale de la journée de travail) ; et cela, sous prétexte de liberté, d'anti-gouvernementarisme ou d'individualisme antiautoritaire. Ces messieurs qui, depuis seize ans, endurent et ont enduré avec tant de tranquillité le despotisme le plus misérable, prônent en fait une vulgaire économie bourgeoise, se contentant de l'idéaliser à la Proudhon ! Proudhon a fait un mal énorme. Son semblant de critique et son semblant d'opposition aux utopistes (il n'est lui-même qu'un utopiste petit-bourgeois, tandis que dans les utopies d'un Fourier, d'un Owen, etc., on trouve le pressentiment et l'expression fantastique d'un monde nouveau), ont d'abord séduit et corrompu la "jeunesse brillante", les étudiants, puis les ouvriers, surtout les Parisiens, qui, en qualité d'ouvriers de luxe, restent sans le savoir fortement attachés à toutes les vieilleries. Ignorants, vaniteux, arrogants, bavards, emphatiques, enflés, ils étaient sur le point de tout gâter, car ils étaient au congrès en un nombre qui ne correspond nullement à celui de leurs adhérents. Dans le rapport, je leur donnerai sur les doigts en sous main.

 

Le congrès ouvrier américain, qui se tenait à la même époque, m'a causé beaucoup de joie : ici le mot d'ordre était l'organisation de la lutte contre le Capital et, chose remarquable, la plupart des revendications que j'avais rédigées pour Genève, ont été également posées là-bas, par le sûr instinct des travailleurs.

Le mouvement de réforme que notre Conseil général (quorum magna pars [où j´ai pris une grande part, N. de la réd.]) a appelé à la vie, a pris maintenant des dimensions immenses et irrésistibles. Je me suis toujours tenu dans la coulisse et je ne m'occupe plus de l'affaire, depuis qu'elle suit son train.

 

Votre K. Marx

 

A propos. Le Workman est un organe bourgeois et n'a rien de commun avec nous. Le Commonwealth appartient aux nôtres, mais pour le moment (pour des raisons moitié financières, moitié politiques), on le transformera en un pur organe de réformes.

J'ai lu, il y a peu de temps, du Dr. F. Moilin : Leçons de médecine physiologique, qui parut en 1865 à Paris. Il contient beaucoup de fantaisie et trop de "constructions". Mais aussi beaucoup de critiques contre l'ancienne thérapeutique. Je voudrais que vous lisiez cet ouvrage et que vous me communiquiez votre avis en détail. Je vous recommande aussi Trémaux De l'origine de tous les êtres... Bien qu'écrit dans un style débraillé, plein d'erreurs géologiques, et bien pauvre en critique historique littéraire — with all that and all that — il constitue un progrès sur Darwin.

2009년 12월 17일 목요일

M.S.Christofferson를 통한 푸코 다시보기

Les Intellectuels contre la gauche
Parution : 25/09/2009
ISBN : 978-2-7489-0098-9
468 pages
12 x 21 cm
25.00 euros
 
Michael Christofferson
Les Intellectuels contre la gauche
L’idéologie antitotalitaire en France (1973-1981)
Traduit de l’anglais par André Merlot
Préface de Philippe Olivera
 

Au cours des années 1970, une vigoureuse offensive contre le « totalitarisme de gauche » ébranla la vie politique française. Dans leurs livres, leurs articles et à la télévision, les intellectuels « antitotalitaires » dénonçaient, sur un ton dramatique, une filiation entre les conceptions marxistes et révolutionnaires et le totalitarisme. Issus eux-mêmes de la gauche et ne craignant qu’une faible opposition de ce côté-là, ces intellectuels ont réussi à marginaliser la pensée marxiste et à saper la légitimité de la tradition révolutionnaire, ouvrant ainsi la voie aux solutions politiques modérées, libérales et postmodernes qui allaient dominer les décennies suivantes. Capitale de la gauche européenne après 1945, Paris devenait la « capitale de la réaction européenne ».
Cette histoire de la notion de « totalitarisme » depuis la Seconde Guerre mondiale retrace notamment les étapes de son instrumentalisation pour marginaliser le PCF et peser sur les orientations de l’Union de la gauche. Faisant un sort définitif à la légende de la « prise de conscience » qu’aurait provoquée L’Archipel du Goulag d’Alexandre Soljenitsyne en 1974, il révèle la continuité des stratégies permettant la conversion d’intellectuels radicaux en compagnons de route d’un PS sur le chemin du pouvoir. Cet « antitotalitarisme » doit donc bien moins à la découverte d’une tradition libérale à l’anglo-saxonne qu’à la droitisation de la gauche intellectuelle et politique française.

Regarder en ligne la rencontre du 14 octobre 2009 à la librairie Tropiques, Paris 14

 

Michael Scott Christofferson est professeur d’histoire contemporaine à la Pennsylvania State University. Après une thèse avec Robert Paxton (dont ce livre est issu), il a notamment publié France during World War II : From defeat to Liberation (2006) et plusieurs articles, dont « François Furet entre l’histoire et le journalisme, 1958–1965 » (French History, 2001 ; Revue Agone 41/42, Les intellectuels, la critique et le pouvoir).

<좌파에 대항하는 지식인들 : 1973~81년 프랑스의 반-전체주의 이데올로기>(Les Intellectuels contre la gauche : L’idéologie antitotalitaire en France (1973-1981) [French Intellectuals against the Left (Berghahn Books, 2004), ouvrage tiré d’une thèse menée sous la direction de Robert Paxton]) 라는 위의 책이 지난 9월에 불어로 번역되어 나왔는데 반향이 엄청난 모양이다. 책이 나오자마자 서평들이 쏟아져 나왔고(아래에 7개의 서평 링크), 마침 르몽드 디플로마티크 한글판에서 책의 내용을 요약 소개해주는(아래 더보기에 일부 펌) 덕분에 소식을 알게 됐다. 책은 저자(Michael Scott Christofferson)의 펜실베니아 대학 박사학위논문에서 비롯됐고, 내용은 79-80년대 프랑스 지식인들의 반-전체주의적 경도의 배경에 대한 탐구로 보인다. 푸코도 이런 반-전체주의/반-공산주의의 시대적 유행에 한 몫을 했다는 비판이 책의 주 타켓인 모양이다. 그러므로 푸코도 전체주의도 -최소한 좌파의 지형에서는- '다시보기'를 해야한다는 말씀인지도...
- 책소개 영어 : http://www.berghahnbooks.com/title.php?rowtag=ChristoffersonFrench (2004)
- 동 저자의 비슷한 영어 논문(1999) : French Historical Studies 22.4 (1999) 557-611 / An Antitotalitarian History of the French Revolution: François Furet’s Penser la Révolution française in the Intellectual Politics of the Late 1970s, by Michael Scott Christofferson :
http://muse.jhu.edu/journals/french_historical_studies/v022/22.4christofferson.html
- 동 저자의 비슷한 논문(2001)에 대한 불어 서평-2009 : Michael Scott Christofferson, « François Furet entre histoire & journalisme (1958-1965) », revue Agone, 41-42 | 2009, URL : http://revueagone.revues.org/744.

펼쳐두기..

 
 
Revue de presse

- Consulter Louis Magnin Balkans-Infos, 12/2009
- Consulter De l'usage du concept de totalitarisme (1) Jean Ristat Les Lettres françaises, 7/11/2009
- Consulter Les intellos et la gauche : retour sur un divorce Éric Aeschiman Libération, 09/10/2009
- Consulter « L’antitotalitarisme n’était pas la meilleure façon de sortir du marxisme » Éric Aeschiman Libération, 09/10/2009
- Consulter Aux sources de la droitisation de l'intelligentsia française Claude Mazauric L'Humanité, 09/10/2009
- Consulter L’invention du « totalitarisme » Jean Ducange Contretemps, mai 2008
- Consulter L'anti-anti-totalitarisme Alberto Toscano RILI, septembre-octobre 2007

 

출처: http://atheles.org/agone/contrefeux/lesintellectuelscontrelagauche/

 

2009년 12월 16일 수요일

영리병원, 이것만은 막자.

영리병원 도입 戰 :

기획재정부 vs 보건복지가족부 (한국개발연구원(KDI) vs 보건산업진흥원)

 

기획재정부와 보건복지가족부는 [12월] 15일 한국개발연구원(KDI)과 보건산업진흥원에 공동 발주한 ‘투자개방형 의료법인(영리 의료법인) 도입 필요성 연구’에 대한 용역 결과를 발표했다. 하지만 두 기관의 보고서는 지금까지 영리 의료법인 도입을 놓고 대립해온 재정부(찬성)와 복지부(반대)의 입장에서 크게 벗어나지 않고 있다. 두 부처는 내년 1월 공청회 등을 거쳐 영리 의료법인 도입과 보완 방안을 논의할 예정이다. 하지만 양측의 간극이 커 향후 추진 과정은 난항이 예상된다. [...]

 

 

보건산업진흥원 : 영리 의료법인을 해외환자유치형, 고급의료충족형, 자본조달·기능특화형, 산업연계형 등 4가지 유형으로 분석한 결과 생산유발 효과는 1조3000억~7조5000억원, 고용창출 효과는 1만~5만8000명이었다. 반면 의사들이 대거 영리 의료법인으로 유출되면서 기존 중소병원은 최대 92개가 폐쇄되고 국민의료비용도 최소 7000억원에서 최대 4조3000억원까지 증가할 것으로 내다봤다. [...] (김준기기자, 경향 2009-12-15 18:15)

http://news.khan.co.kr/kh_news/khan_art_view.html?artid=200912151815105&code=910100

 

[...] 김은혜 청와대 대변인은 “이 대통령이 의료산업 선진화에 관심이 많은 것은 사실이지만 영리의료법인 도입 문제는 부처간 의견이 엇갈리는 만큼 자율적 조정에 맡긴 상황”이라고 밝혔다. 논란이 이 대통령으로 번지는 것을 막겠다는 의도다. 청와대 정책라인의 핵심 관계자도 “영리의료법인 도입 문제는 정부내 협의를 더 거쳐야 한다”며 “아직 결정된 게 없다”고 말했다.(*1)
[...] 부처 갈등을 넘어 국론분열로까지 번지는 데도 복지부가 꿋꿋하게 버티는 것은 그만큼 예상되는 부작용이 크다는 뜻이다. 영리병원은 외부에서 투자자본이 투입돼 주식회사 형태로 운영되는 만큼 주주들의 기대에 부응해야 한다. 수익을 올리기 위해선 돈이 되는 ‘비보험’에 집중할 수밖에 없고 결국 추가 의료행위를 부추기다 보면 국민의료비는 상승하게 된다. 의료 양극화는 심해진다. 우수 의료인력이 대도시 영리병원에 집중되면 의료사각지대에 놓인 지방과 농어촌은 진료받기가 더 힘들어진다. 필수 의료영역(산부인과, 응급실, 중환자실 등) 붕괴는 물론이고 지역간 의료인프라 격차가 심해져 서민들의 의료접근성이 크게 약화되는 것이다. 한국이 모델로 삼고 있는 태국만 해도 영리법인과 의사들이 지방에는 없고 방콕에만 몰려 있다. 또 수익창출이 안되거나 재정이 취약한 중소병원은 문을 닫을 수밖에 없다. 개인병원이 기업화되고 영리병원이 전체의 20~30%를 차지할 경우 시장가격을 지배하면서 의료비 통제는 사실상 불가능해진다. 일자리 창출 효과도 의문이다. 현재 기존 병원조차 병상과잉으로 폐업이 늘고 있다. 투자수익 극대화를 위해 정규직 대신 임시직을 고용할 가능성이 큰 만큼 의료서비스 저하도 우려된다. 첨단 의료기술 개발논리도 설득력이 약하다는 지적이다. 첨단 의료기술은 엄격한 윤리적 임상시험이 요구되는 만큼 외국과 마찬가지로 공립 또는 비영리 대학병원에서 이뤄져야 하기 때문이다. 복지부는 이 같은 부작용을 줄이려면 7조~12조원에 이르는 예산집행이 선행돼야 하다고 주장한다. [...] (*2)

(*1) http://news.khan.co.kr/kh_news/khan_art_view.html?artid=200912151814085&code=910203
(*1) http://news.khan.co.kr/kh_news/khan_art_view.html?artid=200912151813415&code=940601

 

경향 사설(12/15 23시) : [...] 얼핏 보면 두 기관이 각각 찬성·반대 논리를 뒷받침한 것처럼 보이지만 차별성은 영리법인 도입의 전제 조건과 속도 정도가 눈에 띈다. 게다가 한국개발연구원의 부작용 해소 방안은 부실하고 추상적이어서 사실상 부작용을 인정하지 않는 것으로 보이며, 보건산업진흥원이 보완책으로 내건 의료 취약지 지원·응급의료체계 구축 등 공공의료 강화는 재정 여건상 현실성이 떨어진다. [...] 중요한 것은 의료 산업화 확대를 통해 얻게 될 이득이 의료 접근권이라는 기본적 권리의 훼손을 감수하면서까지 추진해야 할 가치인가 하는 점이다. 단순히 영리병원 도입의 득과 실을 나란히 저울질하기보다는 의료 시장주의의 문을 여는 것이 과연 옳은 정책 방향이냐의 문제로 접근해야 한다. 정부가 말하는 의료 선진화란 결국 산업화를 촉진해 더 많은 국부를 창출하는 것으로 이해된다. 그러나 진정한 의료 선진화는 유럽 선진국들처럼 의료비의 재정 비율을 높이는 등 의료의 공공성을 강화해 국민이 의료 불안 없이 살 수 있는 방향으로 전진하는 것이다. 실패한 의료보험 제도를 개혁하기 위해 발버둥치는 미국의 시장주의 의료 시스템을 따라가는 것이 어떻게 선진화로 포장될 수 있는가. 국민들은 가뜩이나 사회안전망이 부실한 우리 현실에서 그나마 위안을 주고 있는 국민건강보험마저 흔들릴까 불안해하고 있다.

http://news.khan.co.kr/kh_news/khan_art_view.html?artid=200912152333085&code=990101

 

 

--------------- 12/03일 포스트(삭제후 이동) -----------------

 

MB정권에는 전부가 유명환이나 현인택 같은 무개념의 꼴통 막가파 놈들만 있는 줄로 알았더니 가끔은 괜찮은 사람도 있는 모양이다. 내부 역학관계나 정권 본연의 저열한 정체성 때문에 앞으로의 추이가 어떻게 돌아가고 꼬일지는 모르겠지만, 얼마전에는 외고문제로 정두언이 쓸만하다고 보여지더니만, 오늘(12/3일) 경향신문에 실린 인터뷰에서 전재희 보건복지가족부 장관이 의료민영화에 대하여 부정적인 견해를 밝히고 "생명권"이라는 말로 건강보험을 지킬 신념을 나타내니 천만다행이라는 생각이 든다. 더구나 둘 다 "신임받는 장관"이라니, 제발 뭔가를 잘 모르고 고집만 쎈 각하를 잘 좀 지도편달해 주시길 기대해 본다. 앞으로 두 사람을 주의깊게 지켜봐야겠다. 이하 일부 펌:

 

전재희 복지“영리병원 부작용 보완책 선행 안되면 허가 못해”

전재희 복지 “영리병원 도입 위한 전제 조건은…” 대담 이중근 사회부장 (경향신문)

경향신문 입력 : 2009-12-02 18:17:21ㅣ수정 : 2009-12-03 01:15:14

전재희 보건복지가족부 장관은 현안으로 떠오른 저출산 문제와 관련, “앞으로 우리에게 주어진 시간이 10년인데 이때 해결하지 못하면 큰 문제가 발생한다”며 조속한 해결책 마련이 시급하다고 강조했다. 신종인플루엔자 A(신종플루) 대유행에 대해서는 국가전염병 재난단계 하향 가능성을 언급하면서도 경계심을 늦추지 않았다. 이어 “예방접종을 안전하게 계획대로 마치는 것이 중요하다”고 당부했다. 영리의료법인 허용에 대한 그의 소신은 확고해보였다. “부작용을 제거할 수 있는 확실한 장치가 마련되지 않는 한 도입하기 어렵다”는 것이 그의 논지다. ‘전 장관의 반대 때문에 영리의료법인이 추진되지 못하고 있다’는 주장도 무리가 아니라는 생각이 들었다. 예의 조용하면서도 강단 있는 모습이 신임받는 장관이 되면서 한층 강화된 듯했다. 인터뷰는 지난달 27일 서울 종로구 계동 복지부장관실에서 1시간여 동안 진행됐다.

 

펼쳐두기..


 

2009년 12월 14일 월요일

Abensour,09) 전체주의를 정치적으로 사고하기: 민주주의

바로 앞 포스트에서 '민주적 전체주의'라는 이름으로 행해진 전체주의에 대한 비판글을 봤다. 여기서는 <국가에 대항하는 민주주의>(1997, 2004²)의 작가로 유명한 빠리 7대학 명예교수 아방수르(M.Abensour, 1939~)의 새 책(*)에 대한 서평(책소개글)을 살펴본다. 책의 제목은 <비판적 정치철학을 위하여: 여정들> 이고, 서평의 제목은 "자유로서의 정치에 대하여" 이다. 서평의 세부 항목 넷 중에서 3번-"전체주의를 정치적으로 사고하기"와 4번-"어떤 민주적 정치학의 도정"이 아마도 책의 내용을 집약하고 있는 듯하다 [그래서 포스트의 제목은 내맘대로]. 즉, 전체주의를 역사적으로 말고 정치철학적으로 다시 비판적 검토를 해보자(아렌트와 르포의 비판이 중심)는 것이고, 이를 통해 어떤 민주주의를 통해 진정한 자유가 가능하며 나아가 "민주적 정치학"을 어떻게 재정립할 것인가 하는 물음, 이런 물음을 찾아가는 도정이 이 책의 "여정"인 모양이다. 그렇게 "여정"의 핵심 동반자는 '민주주의'이고 나아갈 방향은 '자유'이다.

(*) 정확히는 70년대 이래로 발표된 저자의 논문 모음집이다. 그러나 맥락을 같이하는 것들만의 모음이고, 40여 쪽의 새로 쓴 서문이 핵심적으로 중요하다고 서평자는 말한다(노란 강조).

 

Miguel Abensour, Pour une philosophie politique critique : Itinéraires, Paris, Sens&Tonka, 2009-v, 400 pages, 25 euros.

Domaine : Philosophie. Mots-clés : démocratie | totalitarisme

Comment penser la politique démocratique sans en trahir l’indétermination radicale ? Entre les mouvements parallèles de réduction sociologique du politique et d’abandon philosophique de la question de la domination, un espace demeure, sillonné depuis plus de trente-cinq ans par Miguel Abensour.

 

Miguel Abensour occupe une position à part dans la philosophie politique contemporaine. Bien qu’il ait beaucoup écrit, et qu’un colloque lui ait été consacré en 2004 [1], la plus grande partie de son œuvre consiste en des commentaires et des présentations d’autres auteurs. En cela, l’œuvre de Miguel Abensour est comme le prolongement de son travail d’éditeur. Il dirige en effet depuis 1974 une des plus riches collections d’ouvrages de théorie politique : « Critique de la politique », chez Payot. Miguel Abensour apparaît ainsi comme un des « passeurs » les plus importants de la théorie politique contemporaine, invitant ses lecteurs et ses lectrices, dans ses écrits comme dans ses choix éditoriaux, à la découverte des auteurs qui ont tenté de penser le politique dans sa spécificité. Pour une philosophie politique critique, publié cette année chez Sens&Tonka, à partir d’une publication espagnole d’articles de Miguel Abensour, ne fait pas exception : les textes qu’il regroupe suivent presque tous la piste d’un-e ou de plusieurs auteur-e-s. Quelle est alors son objet propre ?

[1] Critique de la politique : autour de Miguel Abensour, Paris : Sens&Tonka, 2006.

 

Malgré l’ambition programmatique annoncée par son titre, Pour une philosophie politique critique est un recueil de textes très hétéroclites. Des articles importants côtoient des écrits très mineurs ou décalés. S’il n’est pas un manifeste fait d’idées fortes et exposées de façon ordonnée, Pour une philosophie critique n’est pas non plus la présentation d’une trajectoire intellectuelle, contrairement à ce que pourrait laisser entendre le sous-titre, Itinéraires  : les textes proposés ne sont pas organisés de façon chronologique, et ne sont mis en contexte que par leur date ; le lecteur ne peut même pas trouver les références de leur première publication. Malgré l’aide de l’excellent avant-propos, l’ouvrage apparaît alors difficile, et d’une utilisation parfois pénible : il faut faire un effort pour aller chercher, au fil des textes qu’il agrège, des éléments de réponse aux questions cruciales que l’ensemble pose. Car il s’agit bien d’un livre fondamental pour quiconque veut s’engager dans la voie d’une pensée politique de l’émancipation, qui ne se réduise ni à une critique de la domination ni à la promotion abstraite de valeurs démocratiques ou libérales. À partir d’une lecture précise et souvent innovante de textes de Claude Lefort et d’Hannah Arendt, ses deux références majeures, mais aussi de Machiavel, de La Boétie, de Pierre Leroux, d’Horkheimer, d’Adorno ou de Lévinas, pour ne citer que les principaux, Miguel Abensour construit par petites touches une théorie démocratique radicale qui n’a que peu d’équivalent dans la philosophie politique contemporaine [2].

[2] Jacques Rancière et Chantal Mouffe me semblent être les seuls autres auteurs vivants qui aient mis en avant une conception comparable du politique, reposant sur l’institution politique conflictuelle du social, aussi explicitement contrastée avec le projet de la philosophie politique comme recherche du bon ordre de la société. Pour une présentation en ligne de la démocratie radicale, voir la notice d’Audric Vitello sur DicoPo.

 

1/3. Deux « révolutions coperniciennes » pour repenser la philosophie politique

L’avant-propos de Miguel Abensour, inédit, est un texte majeur. En une quarantaine de pages, il explore la condition de possibilité d’une philosophie politique critique, en expliquant les différentes étapes qui l’ont amené à prendre conscience de la nécessité d’un tel projet. Deux « révolutions coperniciennes », correspondant chacun à un auteur et trouvant sa résonance dans l’expérience politique de Miguel Abensour, jalonnent cet itinéraire. Le premier est la découverte de l’irréductibilité du (et de la) politique, comme expérience collective de la liberté, à ce à quoi il est régulièrement rapporté : au social, au mode de production, à l’État, au pouvoir et à la domination. Le texte fondamental de cette découverte, c’est l’ouvrage de Pierre Clastres, La société contre l’État (1974), dans lequel l’anthropologue montre qu’il y a de la politique dans les sociétés sans État et que cette politique, loin d’être la projection des structures économiques ou d’être une affaire de domination, repose sur une multitude de dispositifs de lutte contre l’apparition d’un pouvoir coercitif. Si ce court livre fait un tel effet sur Miguel Abensour, c’est qu’au même moment il fait l’expérience des limites de la conception marxiste de l’émancipation comme fin de la politique, notamment grâce à la redécouverte de Machiavel par Claude Lefort, dans Le Travail de l’œuvre Machiavel (1972) : Lefort y rend compte de la nature conflictuelle, libertaire et plébéienne de la politique chez le Machiavel des Discorsi, comme expérience par le peuple de la liberté dans la résistance au désir de domination des grands.

Mais cette première révolution copernicienne, qui renverse la compréhension du et de la politique comme objets d’étude, apparaît rapidement insuffisante à Abensour, dès lors qu’elle ne s’accompagne pas d’une révolution similaire dans la manière de les étudier. Alors que « dans les années 1960-1970, la philosophie politique paraissait offrir un lieu de résistance aux entreprises de scientifisation ou de sociologisation du politique qui se multipliaient alors » (p. 11), Abensour constate rapidement que sous couvert d’une redécouverte du politique, c’est bien une « politique d’acceptation et de légitimation de l’ordre établi » (p. 27) que la plupart des philosophes politiques et des défenseurs acritiques de la « démocratie » contre le totalitarisme avaient en tête. Ces philosophes politiques qui tentent, « avec l’entreprise délibérée qui consiste à mêler la philosophie politique à la philosophie morale et à la philosophie du droit » (p. 29), de trouver des fondements à la bonne politique, trahissent le propre de la politique démocratique moderne, à savoir « de ne reposer sur aucun fondement » (p. 29). Ils reproduisent en cela la posture philosophique dénoncée par Hannah Arendt : la volonté platonicienne de mettre le bios theorêtikos au-dessus du bios politikos. La « révolution copernicienne » réalisée par Hannah Arendt est alors initiée par un renversement salutaire du lien entre la philosophie et la politique comme activité : d’une part, telle qu’elle est depuis Platon, la philosophie politique est du côté de la domination, pas de la liberté ; d’autre part, si elle était réellement politique, la philosophie devrait chérir non pas la vie contemplative mais l’action, et le philosophe devrait exercer sa profession dans la cité, sans mépriser la doxa, et transformer l’étonnement philosophique (thaumazein) platonicien devant l’unité et l’harmonie de l’être en étonnement devant le « « miracle » conjoint de la condition de pluralité et de l’action ». (p. 34)

Si l’on articule ces deux renversements du sens des mots « politique » et « philosophie », on peut voir se dessiner le mode d’action des philosophes authentiquement politiques : participer en tant que philosophes à la lutte politique du peuple contre la domination. L’utilisation de l’adjectif « critique » pour qualifier cette philosophie politique prend alors tout son sens : il s’agit, dans la lignée de la théorie critique développée par l’École de Francfort, « d’élaborer une théorie complexe permettant une critique à multiples facettes de la domination » (p. 38), et qui fasse sans cesse un retour critique sur son propre statut et sur ses conditions de possibilité, pour éviter de reconduire le partage entre théorie et action. Sans résoudre par avance les problèmes théoriques et politiques posés dans les articles qui suivent, ce texte permet donc de rendre compréhensible l’angle d’approche pris par Miguel Abensour, et sa volonté d’éviter, dans la résolution de ces problèmes, les écueils symétriques du sociologisme et du conservatisme philosophique.

 

2/4. Itinéraires indéfinis

La première partie de l’ouvrage, intitulée « Itinéraires », est de loin la plus courte, quatre textes sur 19 pages : « Manifeste de la collection « Critique de la politique » » (1974), « Philosophie politique moderne et émancipation » (1983), « De quel retour s’agit-il ? » (1994) et « Sur le chemin de Machiavel » (2008) permettent d’ancrer l’itinéraire présenté en avant-propos dans des interventions passées. Si l’idée est intéressante, les textes n’apportent quasiment rien par rapport à l’avant-propos d’un point de vue conceptuel, et pour qu’ils nous permettent d’historiciser la pensée de Miguel Abensour, il aurait fallu un travail de mise en contexte pour éclairer le lecteur sur l’ensemble de la situation d’énonciation, et pas seulement la date de publication. Un des quatre textes, le plus ancien, garde tout son intérêt : le « Manifeste de la collection « Critique de la politique » », qu’on peut trouver à la fin des livres de la collection que Miguel Abensour dirige depuis 1974. Il y définit la « critique de la politique » par trois aspects : « le refus de la sociologie politique, en tant qu’instance de refoulement des questions critiques énoncées par la philosophie politique [...] ; par le choix d’un point de vue : écrire sur le politique du côté des dominés, de ceux d’en bas pour qui l’état d’exception est la règle ; par l’interrogation génialement formulée par La Boétie : pourquoi la majorité des dominés ne se révolte-t-elle pas ? » (p.49) Si les directions de recherche qu’il propose ensuite sont plus attendues, la définition du champ de cette « critique de la politique » n’a rien perdu de son caractère incendiaire.

 

3/4. Penser politiquement le totalitarisme

La deuxième partie, « critique de la domination totalitaire », plus longue, regroupe des textes qui ont en commun de poser la question de totalitarisme, nouveauté du vingtième siècle, en tant qu’il est une énigme pour qui considère la politique comme la liberté en acte. Cette partie est composée de quatre textes : « Oser rire » (1975) et « Hannah Arendt : la critique du totalitarisme et la servitude volontaire ? » (1999) peuvent être considérés comme mineurs. Les deux autres articles, en revanche, sont d’un grand intérêt. « D’une mésinterprétation du totalitarisme et de ses effets » est un texte éclairant ; Miguel Abensour y confronte deux hypothèses opposées sur les liens entre totalitarisme et la politique, pour démontrer que le totalitarisme n’est pas « un excès du politique, ou une politisation à outrance », mais bien « la destruction du politique » (p. 168).

À cet article, centré sur Hannah Arendt, fait écho un texte plus ancien, « Réflexions sur les deux interprétations du totalitarisme selon Claude Lefort » (1993) plus long et plus dense, entièrement consacré aux différentes manières dont Claude Lefort a pensé le totalitarisme. On peut en indiquer les idées les plus puissantes : d’abord l’existence d’une possibilité totalitaire inscrite dans le projet marxiste de socialisation totale et de dépassement révolutionnaire de la division sociale. Deuxième idée centrale : loin d’être simplement imposé, le totalitarisme répond à un besoin ; il travestit le désir de liberté et de révolution du peuple, en en donnant une réalisation illusoire, par l’entretien de la croyance que la voie de l’autonomie passe par la destruction de toute division sociale, tâche de purification que réalise l’État, le parti, l’Egocrate. Troisièmement, on l’a déjà vu, le totalitarisme est une entreprise de destruction de la politique : éclairé par la redécouverte machiavélienne du politique, « le totalitarisme apparaît désormais à l’interprète comme cette forme de société moderne qui s’ordonne et se constitue dans la dénégation fantastique de la division interne, en laissant se déchaîner une logique de l’identification telle qu’en son sein la non-contradiction s’abolisse, l’indistinction gagne et que sous l’emprise de l’image inconsciente du corps s’effectue une véritable « prise de pouvoir par l’imaginaire » barrant du même coup tout accès à la dimension symbolique du social. » (p. 122) Cette idée permet enfin de ressaisir l’opposition entre démocratie et totalitarisme d’une façon nouvelle : ce n’est pas comme régime de droit institués que la démocratie s’oppose au totalitarisme, mais comme « invention démocratique », « révolution démocratique », mouvement indéfini et sauvage de revendication de nouveaux droits, contre la « domination totalitaire », la « contre-révolution totalitaire ». Les articles qui forment cette partie permettent donc non seulement de mieux comprendre le totalitarisme dans toute sa spécificité, mais aussi de penser par opposition la démocratie d’une façon nouvelle, dans sa mise en mouvement permanente de la division originaire du social.

 

4/4. Chemins vers une politique démocratique

Cette réflexion sur le totalitarisme permet ainsi d’ouvrir sur la dernière partie de l’ouvrage, la plus longue, intitulée « Philosophie politique critico-utopique et la question de l’émancipation ». Elle regroupe six articles qui présentent chacun, par l’intermédiaire d’un auteur ou d’un courant de pensée, une voie par laquelle penser la politique démocratique. Deux d’entre eux font directement écho à l’avant-propos : « « Démocratie sauvage » et « principe d’anarchie » » (1994) et « Pour une philosophie politique critique ? » (2002). Les quatre autres articles abordent une question qui était restée jusque là en suspens : puisque la recherche d’un fondement à la politique est une tâche intrinsèquement conservatrice, comment donner un contenu à la conception de la liberté que la politique met en jeu ? Si Miguel Abensour ne donne pas de réponse explicite à ce problème épistémologique, il présente quatre directions de recherche. La première, développée dans « Comment une philosophie de l’humanité peut-elle être une philosophie politique moderne ? » (1994), à la suite du socialiste Pierre Leroux, est la notion d’humanité. L’organisation de la vie collective est une « expérience d’humanité » (p. 211), du « lien humain » (p. 217), non pas comme unité humaine, mais comme reconnaissance de la pluralité. Une seconde direction est fournie par les dernières pages de l’article « Hannah Arendt contre la philosophie politique ? » (2001) ; Miguel Abensour y montre le caractère héroïque de la théorie politique de Hannah Arendt, sa glorification de l’action politique d’un héros qui, « au lieu de se dresser en upsipolis, au-dessus de la cité et à terme fatalement contre elle, [...] a pour souci de s’inscrire [...] au sein de la cité. » (p. 261) La troisième direction prise par Miguel Abensour pour donner un contenu à la politique démocratique, dans l’article « Utopie et démocratie » (2001), c’est « l’élément humain », « foyer de complications, d’agitations qu’entraîne l’articulation de liens multiples » (p.361). Cette idée d’élément humain ouvre vers le dernier article du livre, certainement le plus difficile pour qui veut en saisir toutes les implications, « L’extravagante hypothèse » (2006) : à partir d’une lecture serrée d’Emmanuel Levinas, Miguel Abensour explore l’hypothèse selon laquelle l’événement que la société a pour fonction de limiter n’est pas la guerre, mais « l’infini de la relation éthique » (p.364), et les conséquences de cette hypothèse sur la conception de l’État.

 

Au terme de ce parcours, Pour une philosophie politique critique : Itinéraires apparaît à la fois au delà et en deçà de la promesse que constitue le titre. En deçà, car il ne donne pas les outils nécessaires à la reconstitution de l’itinéraire de la pensée de Miguel Abensour, tant les éléments de contextualisation des articles sont peu nombreux, pas plus qu’une exposition systématique des outils méthodologiques et conceptuels de ce que pourrait être une philosophie politique critique. Au delà, car au lieu d’un itinéraire balisé ou d’un manifeste, Miguel Abensour nous offre une multitude de parcours, certes partiels, mais en cela incomparablement plus adaptés à l’étude de l’insaisissable politique démocratique. (par Samuel Hayat; 09-12-2009)

 

출처: http://www.laviedesidees.fr/De-la-politique-comme-liberte.html
링크: http://www.dicopo.org/spip.php?article104 (Démocratie radicale, par Audric Vitiello)

 

참고: 같은 책에 대한 다른 사람의 서평(리베라씨옹,2009-vi) [중간에 약간 삭제]

펼쳐두기..


cf. http://www.mondecommun.com/index.php/revue/situation_de_miguel_abensour
Apports à la philosophie politique : Situation de Miguel Abensour
Un texte de Lucien Pelletier, PUBLIÉ LE 12 Décembre 2007

2009년 12월 13일 일요일

Talmon,52) 민주적 전체주의 (?)

야콥 탈몬(J.L.Talmon,1916~1980, 폴란드 출신 유태계 이스라엘 예루살렘 대학 현대사 교수) 이라는 사람의 1952년 저서인 <민주적 전체주의의 기원>을 참조할 일이 있어서, 그에 대한 불어판 위키정보를 옮겨다 둔다. "민주적 전체주의"라는 파라독스한 표현을 이 사람이 처음으로 사용했고, 그의 비판이 겨냥하는 주 타켓은 -한나 아렌트의 <전체주의의 기원>(1951)과 마찬가지로- 스탈린주의이고, 그 기원적 측면에 대한 고려를 위해서는 프랑스 혁명과 루소까지 거슬러 올라가는 모양이다. 루소의 민주주의가 이후의 전체주의에 원용되었으니 루소 철학은 "민주적 전체주의"에 기초를 둔다는 주장인 듯하다. 물론 쥐프 역사학자께서 루소 민주주의의 철학적 깊이를 제대로 간파하기보다는 시대적-역사적 사실관계들에 사고의 지배를 더 많이 받았겠지만, "민주적 전체주의"라는 표현을 곱씹어볼 기회를 가져보는 것도 나쁘지는 않겠다.


그리고 이어지는 항목은 <탈-전체주의적 민주주의>라는 2002년에 나온 '르 고프'(Jean-Pierre Le Goff, 1949~)의 책에 대한 소갯글이다. 이 학자는 전체주의를 오리려 자본주의 시장 전체주의로 파악하고 그것의 비판에 '전체주의'의 촛점을 맞춘다. 즉, '자본주의 시장 전체주의'를 넘어서야만이 민주주의의 실현이 가능하다는 것인 듯한데, '어떻게'에 대해서는 좀 더 공부를 해봐야 알겠다. 여하튼 같은 '전체주의 비판'이라도 그 성격이 이렇게 다르고, 결국은 모두가 제대로 된 '민주주의'에의 힘든 천착이라는 점에서 둘(탈몬/르고프)을 함께 묶어둔다.

 

Jacob Leib Talmon,
en hébreu יעקב ליב טלמון Yaakov Leib Talmon, né en 1916 en Pologne dans une famille juive orthodoxe, mort en 1980), était un historien israélien, professeur d'histoire moderne à l'université hébraïque de Jérusalem. En 1934, il quitte la Pologne pour venir faire ses études à l'université hébraïque de Jérusalem, en Palestine mandataire (aujourd'hui Israël). Il poursuit ses études en France, mais se réfugie à Londres après l'invasion du pays par les Allemands. Il obtient en 1943 un doctorat à la London School of Economics.
Il a principalement étudié la généalogie du totalitarisme, soulignant les ressemblances entre le jacobinisme et le stalinisme. En effet, d'après Jacob Talmon, ce type de « messianisme politique » se situe dans l'héritage de la Révolution française. Il est le premier à avoir employé l'expression « démocratie totalitaire », qui selon lui illustre la position de Jean-Jacques Rousseau sur la démocratie.
Jacob Talmon a été catégorisé comme « penseur de la guerre froide » du fait de l'anti-marxisme fervent qui imprègne ses principaux travaux. Sa vision du libéralisme se rapproche de la pensée politique de Isaiah Berlin, Friedrich August von Hayek et Karl Popper. Il a exercé une influence considérable sur l'historien israélien Zeev Sternhell.
Publications majeures
The Origins of Totalitarian Democracy, Londres, 1952. Édition française : Les Origines de la démocratie totalitaire, Paris, Calmann-Lévy, 1966.
The Nature of Jewish History-Its Universal Significance, 1957.
Political Messianism - The Romantic Phase, 1960.
The Unique and The Universal, 1965. Édition française : Destin d'Israël. L'Unique et l'Universel, Paris, Calmann-Lévy, coll. « Liberté de l'esprit », 1967, 307 p.
Romanticism and Revolt: Europe 1815-1848, Londres, Thames & Hudson, 1967. Édition française : Romantisme et Révolte. L'Europe entre 1815 et 1848, Paris, Flammarion, 1969, 216 p.
Israel among the Nations, 1968.
The Age of Violence, 1974.
The Myth of Nation and Vision of Revolution, The Origins of Ideological Polarization in the 20th Century, 1981.
The Riddle of the Present and the Cunning of History, 2000.
출처:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacob_L._Talmon

펼쳐두기..


<탈-전체주의적 민주주의>에 대하여
Jean-Pierre Le Goff, La Démocratie post-totalitaire, La Découverte-Cahiers libres, 2002, 208 p.

Sociologue, philosophe de formation et président du club "Politique autrement", qui explore les conditions d'un renouveau de la démocratie dans les sociétés dites développées, Jean-Pierre Le Goff est un observateur attentif et critique de la marche du monde. Après avoir décrypté les modes de fonctionnement de l'entreprise et dénoncé les dérives du management (Le Mythe de l'entreprise, La Barbarie douce, tous deux aux éditions La Découverte), il recadre aujourd'hui son propos sur l'état de la démocratie face à ce que ses plus ardents défenseurs désignent comme son principal ennemi : le totalitarisme économique.
A l'appui de son analyse, deux textes fondateurs de l'étude du totalitarisme et de la démocratie au XXe siècle : Les Origines du totalitarisme d'Hannah Arendt et L'Invention démocratique de Claude Lefort. Si Le Goff reconnaît l'émergence, depuis une trentaine d'années, d'un modèle économique reposant sur le même principe moteur que l'idéologie totalitaire (c'est-à-dire l'écrasement de toute voix autre, de toute concurrence, fût-elle stimulante), il accuse surtout les démocraties modernes de creuser leur propre tombe en se repliant sur elles-mêmes, en adoptant une position hautaine vis-à-vis des pays en difficulté et en se laissant éblouir par le mirage d'une prétendue modernisation : car de cette "constante marche en avant vers des objectifs sans cesse nouveaux" naît "l'état d'instabilité permanente" qui caractérise les modèles totalitaires. Dans ce contexte, la toute-puissance de la logique marchande qui caractérise notre époque est à envisager non comme une cause mais bien comme une conséquence du malaise qui frappe notre société.
Pour "affronter le présent" (titre du dernier chapitre), Jean-Pierre Le Goff conjure les démocraties d'effectuer "un travail lucide de reconstruction culturelle et politique", en douceur, sans passer par une tabula rasa aux résultats trop aléatoires. (par Pierre Brévignon)
다른 긴 서평:
http://www.globenet.org/transversales/grit/legoff.htm
저자 소개: http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Le_Goff_(sociologue)

2009년 12월 12일 토요일

학업성취도, 경제력과 유전자 사이에서...

12월 9일에 한국교육과정평가원(KICE) 이라는 곳에서 지난 5년 간의 대학수학능력시험의 결과를 분석하여 발표했다. 수능 점수에 영향을 미치는 주요 변수가 무엇인가에 대한 연구분석인데, 분석의 기준은 다음과 같이 세 가지로 대별된다 : 지역효과(강남), 환경효과(경제력), 학교유형효과(특목고). 여기서 학교격차보다는 지역격차가 더 크다는 것은 쉽게 수긍이 가고, 특목고 출신이 일반고 상위권 학생들에 비해 많이 더 나은 결과를 낳지는 못했다는 사실(선발 효과일 뿐 교육 효과는 아니라는 분석)도 크게 놀랍지는 않다. 그러나 부모의 경제력보다는 학력수준이 자식의 점수에 더 결정적이라는 연구 결과는 -일견 그럴듯해 보이기도 하지만- 약간의 진보적(?) 논쟁이 필요한 지점이겠다. 경제결정론 보다도 유전자결정론이 우선한다는 분석적 사실을 어떻게 받아들여야 할까?

 

흔히 속된 말로 '개천에서 용나는 시대는 지났고 이제는 공부도 부잣집 자식이 잘한다'는 경제결정론적 사회비판이 진보적 시각에서 누차 제기됐던 게 사실이고 많은 사람들이 그렇게 공감을 해왔다. 그런데 이번 연구 결과는 그 반대의 결과를 알려준다 : '부잣집 자식이라고 다 공부를 잘하는 것은 아니고 학벌유전적 효과가 자식의 성공에 더 지배적이다' 라고. 물론 학벌 높은 부잣집이나 학벌 낮은 가난한 집의 경우는 논의의 대상도 안되겠지만, 문제는 '학벌 낮은 부자'와 '학벌 높은 안-부자'의 두 경우 중에서 자식의 성공에 더 중요한 영향을 미치는 것은 돈이 아니라 부모의 학력이라는 점이다 (아래 기사에서는 '부모'가 아니라 '아버지의 학력 수준'이 자식의 성적에 비례한다고 구체화하고 있으나, 우리적 기준에서 아버지보다 학력이 높은 어머니는 많지 않을테니 기사의 '아버지' 자리에 '부모'를 대체시켜도 무방히리라 여겨짐). 

 

이런 연구 결과는, 돈은 있으나 못 배운 한 때문에 자식에게 물량공세적 과외라도 시켜 좋은 대학 보내려는 부모들에게는 조금 실망스러울테고, 그 반대의 경우에는 그나마 다행이라고 해도 좋을까. '경제적 계급'이든 '지적 계급'이든 둘 다 -일찍이 부르디외(P.Bourdieu, 1930~2002) 학단에서 조사한 바와 같이- 자식의 장차 사회적 지위를 결정하는 중요한 자본(capital)인 것이 사실이다 (아래 그림 참조). 그러나 경제자본(capital economique)은 말할 것도 없고  문화자본(capital culturel) 종속적인 사회구조도 어떻게든 정당하지 못하다면, 경제결정론이나 유전자결정론이나 둘 다 사회적 악인 것은 분명하다. 여기서 어느 것이 더 우선적 지위를 갖느냐의 문제가 중요한 것이 아니라, 어느 것이든 미래세대의 현재를 결정하는 요인으로 작용해서는 안된다는 말이겠다.

 

이러한 인식적 공감이 있다고 하더라도 유전적 문화자본이 불평등하게 유증되는 것은 어쩔 수가 없고 오히려 자연스럽게 느껴지는 것도 사실이다. 그렇다고해서 '어쩔 수 없으니 그대로 받아들이고 불평등을 감내할 수밖에 없다'고 하는 것은 인간의 정치적 능력(perfection politique)을 무력화시키는 패배적 발상이 된다. 문화자본의 작은(?) 차이가 각자에게 각기 다른 종류의 직업을 선택하게 하는 요인이 될 수는 있어도, 그 종사하는 직무의 다름이 공평한 시민적·인간적 가치의 차이로까지 이어지는 -명시적이든 묵시적인든- 틀을 무화시키는 작용을 담당하는 것이 바로 정치가 아닐까. 지금 필요한 것은 정치라는 말이겠다.

 

참조: 한겨레 기사

펼쳐두기..

 

Espace_social_de_Bourdieu.svg(Fichier SVG, résolution de 800 × 800 pixels, taille : 37 Kio)